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Visiteurs à Spa > L'Avant-Coureur spadois

N° 1. Entre Spa, La Haye et
la Bastille : La « comtesse »
de Gotteville, femme galante
et pamphlétaire « licencieuse »


Par DANIEL DROIXHE

La Liste des Seigneurs et Dames venus aux Eaux Minérales de Spa l’an 1773 enregistre l’installation, le 30 juillet, sous le n° 23, de « Madame la Comtesse de Gotteville, au Palais Royal, Grande-Place, n° 5 ».


Liste des seigneurs et dames, 30 juillet 1773.

On sait que deux plans permettent de situer la plupart des hôtels ou auberges ayant accueilli des visiteurs de Spa au 18e siècle : celui des frères Caro de 1770, imprimé par François-Joseph Desoer, et celui « levé en octobre 1780, par C. Le Comte », gravé par Henri-Joseph Godin[1]. Le premier a été opportunément reproduit par le Musée de la Ville d’Eaux et le site internet « Spahistoire.info » en fournit une très utile version informatique[2]. Dans le plan Caro, la rubrique « Grande Place », en marge de la carte, joint les immeubles de la « Grande Place » proprement dite et ceux de la « Rue de la Grande Place », numérotés de 1 à 45. Le plan Le Comte les confond également en réintitulant simplement la rubrique « Grand’ Place et Rue de la Grand’ Place », étendue à 49 numéros. Pour faire simple, au risque d’induire en erreur par superposition de l’ancienne topographie et de la cartographie moderne, on dirait que la « Grande Place » s’étendait à peu près de la « fontaine » indiquée sur  le plan Carro - que l’on identifiera avec celle que surmontait l’ancien perron, symbole des franchises communales - à la « Source du pouhon », qui doit correspondre à celui honoré par le souvenir de Pierre-le-Grand. La « Rue de la Grande Place » correspondait donc plus ou moins à l’actuelle rue du Marché. On situera l’hôtel du Palais Royal, dans le plan schématique et tout provisoire du centre de Spa fourni ci-dessous, par rapport au fameux hôtel de Lorraine, qui occupait le n° 1 sur la Grand-Place.



Le centre de Spa au 18e siècle d’après le « plan Desoer », avec localisation de divers hôtels (état  provisoire). Le plan, orienté sud-nord, doit donc être retourné pour la comparaison avec un plan moderne.

Le plan Le Comte, ci-dessous, offre l’avantage d’être orienté sud-nord.



L’hôtel de Lorraine, reconstruit au XXe siècle dans une orientation différente (voir la notice du Patrimoine monumental). La photo est prise du sud au nord, c’est-à-dire d’un point situé  vers la « Source du pouhon » ou au-delà. On aperçoit sur la droite la rotonde du  « Pouhon Pierre-le-Grand »
(Cliché Muriel Collart, 2012).

Revenons à l’hôtel du Palais royal où s’installe la supposée « Comtesse de Gotteville ». A. Body nous apprend que celui-ci portait auparavant, au 17e siècle, l’enseigne de La Carabine et que la première attestation de la nouvelle appellation remonte à 1735[3]. La propriété fut rebâtie « après 1760 » et appartenait en 1768 à Hubert Lefin, qui y tenait le Grand Caffet. Body dénombre, parmi les hôtes illustres y ayant séjourné : « la duchesse de Mecklembourg, née princesse de Würtemberg, 1770 ; l’électrice Antonia de Saxe, l’amie du Grand Frédéric, 1771 ; la princesse Cunégonde de Saxe et l’électeur de Trèves ; la même année, le vicomte du Barry, 1777-1778 ». Laissons ici de côté ce que peut suggérer le nom de Du Barry : il n’en est pas besoin pour montrer que le Palais Royal vit à coup sûr défiler le demi-monde, à côté du beau monde dont la chronique spadoise enrichit la galerie. Il faut pour cela examiner de plus près la personnalité de la « comtesse de Gotteville » — si les patronymes ne nous abusent. Mais celui-ci amuse assez pour qu’on s’autorise un renvoi direct à un curieux ouvrage intitulé La Bastille dévoilée, ou recueil de pièces authentiques pour servir à son histoire,  publié à Paris, chez Desenne, « Libraire, au Palais Royal », en 1790. La Septième livraison indique qu’elle « contient des notes relatives aux personnes mises à la Bastille depuis le 15 octobre 1779 jusqu’au 10 janvier 1781 ».

L’hôtel du Palais Royal donnait quant à lui sur la Grande Place proprement dite, c’est-à-dire la place Pierre-le-Grand, où s’élevait aussi, au n° 1, le célèbre hôtel de Lorraine, qui accueillit notamment, selon la notice du Patrimoine monumental : « le prince-évêque d’Augsbourg pendant ses nombreux séjours dans la station thermale, de 1756 à 1760, la princesse Anne-Émilie de Prusse, le prince Sangusko, le prince et la princesse Ferdinand de Prusse … ». Les établissements de cette partie centrale de la ville, voisine des « Sales d’Assemblée », des « Galeries », du « Théâtre », là où se trouve aujourd’hui le Casino, étaient manifestement de catégorie supérieure. Le Palais Royal voyait à coup sûr défiler le beau monde — mais aussi celui qu’attirent volontiers les fastes et les richesses de la haute société : le demi-monde. C’est à ce dernier, pouvons-nous conjecturer, qu’appartenait la « comtesse de Gotteville », laquelle s’était fait un nom sentant davantage la roture  dans la chronique et les boudoirs du dix-huitième siècle.

Un portrait de celle-ci est fourni par un ouvrage — très utile — qui parcourt à la Révolution une galerie de personnages enfermés dans la plus célèbre prison de Paris : La Bastille dévoilée, ou recueil de pièces authentiques pour servir à son histoire. Septième livraison, publié à Paris, chez Desenne, « Libraire, au Palais Royal », en 1790. Il est indiqué dans l’ouvrage que « cette septieme livraison contient des notes relatives aux personnes mises à la Bastille depuis le 15 octobre 1779 jusqu’au 10 janvier 1781 ». La Bastille dévoilée est notamment attribuée par Barbier « à Charpentier » et par Quérard à Louis-Pierre Manuel (1751-1793). Ce dernier devait être bien informé des détours du sérail puisqu’après  avoir colporteur d’ouvrages prohibés — parmi lesquels figuraient certaines de ses publications — il fut « l’un des espions salariés par la police de Paris », selon Jean-Charles-Pierre Lenoir, ou Le Noir (1732-1807), que l’on va retrouver[4]. Celui-ci, lieutenant criminel au Châtelet de Paris depuis 1759, deviendra lieutenant général de police de Paris en 1774, en succession de Sartine. Suspendu l’année suivante pendant la « guerre des farines », il retrouvera son poste en 1776[5]. Manuel, informateur de la police, n’avait pas perdu ses bonnes habitudes ni son goût des belles choses. On dit que, « lors d’une perquisition, on saisit à son domicile des ouvrages clandestins de sa composition et “ une garniture de boutons représentant des figures de l’Arétin ” ». Il fut lui-même écroué à la Bastille en 1786. Député à la Convention nationale, il fut guillotiné le 14 novembre 1793.




Louis-Pierre Manuel, auteur supposé de la Bastille dévoilée.

La Bastille dévoilée fut traduite en anglais et imprimée sous le titre de Memoirs of the Bastille, sous la signature de « The Man in the Iron Mask », que l’on doit sans doute identifier avec le traducteur, Francis Gibson.  Le portrait de Madame Gotteville occupe le chapitre VI[6]. Il s’ouvre par le chapeau suivant : « This lady whose adventures appear below, seems, as a political and licentius writer, to rank in the same class with the Manleys and Behns of his country, whose names have been damned to everlasting fame by the pens of Pope and Swift. »

Pope se moqua dans the Rape of the lock de l’écrivaine Delarivier Manley et de son New Atalantis de 1709, laquelle collabora avec Swift à l’Examiner. Il est ensuite fait référence à la célèbre Aphra Behn, pionnière des lettres féminines en Angleterre.  Francis Gibson place donc en bonne compagnie celle qui se faisait inscrire à l’élégant hôtel du Palais Royal, avec quelque effronterie,  comme la « comtesse de Gotteville », profitant sans doute d’une rentrée de finances du type de celle évoquée ci-dessous. Ce qui suit ne vise qu’à donner une idée d’une aventurière dont les rencontres spadoises s’éclaireront peut-être par un examen des autres « bobelins » enregistrés parmi les « Seigneurs et  Dames ».


Extrait de la Bastille dévoilée (1790), p. 99-108.

La dame Gotteville. Cette femme appartenoit à M. de la Touche Tréville[6] ;  elle avoit épousé /p. 100/ à ce que nous croyons, un officier de la marine royale.
     Elle a joué à Paris un grand rôle parmi nos femmes galantes ; c’étoit une des laïs [7]les plus courues de la capitale. Les gentillesses de son esprit, ses petites méchancetés lui donnerent long-temps la vogue. Sa langue, disoit-on, tenoit de la griffe du singe. Point de seigneur qui ne briguât le plaisir d’aller souper avec elle. M. le Noir [8]à qui elle avoit su plaire, l’avoit mise sous sa couleuvrine. C’est par cette espece de femme que la police savoit une partie de ce qui se passoit à Paris.
     L’insouciance de la dame de Gotteville égaloit tout au moins son esprit ; aussi n’eut-elle jamais qu’une fortune fort décousue. Nul ordre dans ses affaires, nulle suite dans ses amours. Aujourd’hui dans un bel appartement, demain logée dans un taudis. Un jour trois ou quatre coquins de laquais à ses ordres, et le lendemain dénuée de tout ; point de femme de chambre, se servant elle-même.
      Lorsque les créanciers étoient à ses trousses, frere quêteur (c’étoit son médecin) faisoit une tournée à la police, ensuite chez les amis et les pratiques de la dame de Gotteville, et revenoit avec une cinquantaine de louis. Enfin, toutes les ressources épuisées, elle mit Beaumarchais, qui /p. 101/ étoit l’un de ses chalands, dans  son secret, et partit pour la Hollande. Elle devint sa correspondante à la Haye, et quand on veut être quelque chose en ce monde, il est bon d’avoir beaucoup de correspondants. En bon ami de la dame de Gotteville, il négocia auprès de ses parens et en obtint une pension dont il se chargea de de faire les avances. Elle s’établit à la Haye, et se procura une presse dont elle se servit pour désoler l’amour-propre de quelques merveilleux[9].C’est ainsi qu’au commencement de ce siecle vécut la fameuse Dunoyer, de satyres et de méchancetés[10].
      Cette ressource ne fut point suffisante ; elle s’en ouvrit 1° à Beaumarchais à qui elle devint bientôt inutile ; 2° à Monsieur Le Noir, qui dans les beaux mouvemens de sa commisération envers le beau sexe, lui fit passer en différentes fois et à plusieurs reprises, près de 6000 livres ; la reconnoissance est généreuse, sur-tout lorsqu’il n’en coûte rien. Cet argent étoit pris ou dans la caisse de la police, ou dans la caisse des jeux, laquelle étoit à la disposition de M. le Noir.
     La générosité a ses bornes, et la dame Gotteville ne recevant rien de la police, écrit au maréchal de Richelieu[11] comme à son vieil ami, pour lui dire que tous moyens d’exister lui manquant, il ne lui restoit pour vivre que d’im-/p. 102/ primer les 74 aventures de Mathusalem, ouvrage propre, disoit-elle, à amuser le public et à me valoir quelqu’argent. Le maréchal de Richelieu qui sentait bien qu’il alloit être désigné sous le nom de Mathusalem, court chez M. le Noir pour lui faire part de cette nouvelle folie de la dame de Gotteville, et de-là se rend chez Beaumarchais, qui se charge de lui faire passer 25 louis.
   La réponse qu’elle fit à Beaumarchais, étoit à peu près conçue en ces termes : je vous fais cette lettre pour vous dire que j’ai reçû les 25 louis du maréchal de Richelieu, et pour vous exprimer, Monsieur, tout le mépris avec lequel je suis votre servante, etc.
     
La dame de Gotteville devenoit dans un pays libre un personnage à craindre avec sa presse, son esprit et ses besoins. Il fut question de la faire enlever. Beaumarchais en traça le plan ; il vouloit sur-tout qu’on s’emparât de tous ses papiers. C’est un fait qu’il a souvent raconté en montrant la réponse de la dame de Gotteville au sujet des 25 louis du maréchal de Richelieu.
     Dans ce tems là elle eut une querelle à La Haye avec une femme qui passoit pour être en grande faveur auprès de M. Lavauguyon notre ambassadeur[12]. Elle prétendit avoir été humiliée par celle-ci, et s’en vengea par un pamphlet /p. 103/ fort amer. L’ambassadeur prenant part à un commerage qu’il auroit dû ignorer, écrivit à M. de Maurepas[13] pour se plaindre des procédés de la dame de Gotteville, et pour lui peindre combien l’existence singuliere de cette femme en liberté pourroit être dangereuse à ses négociations.
      M. le Noir eut aussitôt des ordres pour la faire enlever. Receveur, inspecteur de police, fut chargé de cette expédition. Les états de Hollande, sur la demande de l’ambassadeur françois, y consentireent, et la dame de Gotteville sembla ne faire qu’un saut du pays de la liberté à la Bastille. L’entrevue qu’elle eut le jour même de son arrivée avec M. le Noir qui vint la reconnoître, se passa en plaisanteries.
     Le commissaire Chenon[14] et Boucher, secretaire de la police, arriverent pour procéder à l’exmane de ses papiers ; Boucher voulut commencer par l’ouverture des lettres. Ce sont, Monsieur, lui dit-elle, les diverses correspondances que jai eues avec beaucoup de seigneurs, je vous défends d’y toucher. Cette singuliere défense occasionna une discussion aussi aigre que vive. Boucher insista et prit une lettre pour l’ouvrir. La dame de Gotteville comme un trait quitte sa place, fond sur Boucher, fait voler sa perruque, et tout en le traitant de /p. 104/ vil valet de la Sabatin, lui assene une vingtaine de coups de pied, autant de coups de poing, se saisit de toutes les lettres et les jette au feu.
     Boucher, secrétaire de la police, bien gourmé et mis à la raison, se retira, et Chenon que cette scene héroï-comique avoit fort amusé, continua son opération. Depuis cette époque il travaillait seul avec les prisonniers.
     La dame de Gotteville resta à la Bastille plus d’un an. Pendant ce séjour elle eut diverses querelles avec de Launey qu’elle mésestimoit[15]. Un jour elle étoit aux prises avec lui sur la nourriture dont elle se plaignoit ; pour terminer la discussion, elle le regarde fixement et lui dit avec un très-grand sang-froid : « Monsieur de Launey je ne sais qui vous êtes, et cela m’embarrasse pour vous répondre ; avant tout, dites-moi, ne seriez-vous pas de l’espece de ceux qui mangent du foin » ?
     De Launey quitta la partie ; mais le plaisant de l’aventure, c’est que le soir même en se mettant au lit, il trouva au lieu de traversin une petite botte de foin : qui avoit fait cette espiéglerie ? Le valet-de-chambre fortement menacé, soutint que c’étoit à son insu. Les recherches de de Launey furent inutiles. Il n’en fit qu’avec sobriété, tant il craignoit que dans le monde on ne parlât de cette botte de foin. / 105/
     En sortant de la Bastille, la dame de Gotteville fut conduite dans un couvent à la Flèche, où il lui fut défendu de sortir[16]. En vain avant son départ elle réclama la presse qu’on lui avoit enlevée ; elle accusa constamment Receveur de l’avoir vendue à son profit et d’en avoir gardé l’argent.
     Quand on réfléchit que cette femme fut pendant plus d’un an privée de sa liberté en France, pour s’être moquée en Hollande d’une espagnole maîtresse d’un ambassadeur, on ne peut que se réjouir de voir et la Bastille et le despotisme renversés. (…)



Le château des Carmes à La Flèche.

On trouve dans le quinzieme volume des mémoires secrets, page 189, une anecdote qui a beaucoup de rapport avec madame de Gotteville[17] ; nous oserions même assurer que c’est elle qu’on a voulu y désigner.

27 Mai 1780… Extrait d’une lettre d’Amsterdam du 22 Mai 1780… Il a paru dans ce pays, il y a déjà du tems, peut-être un an, une brochure très-courte, intitulée la cassette verte[18]. C’est un pamphlet contre M. de Sartine. Il tire son nom d’un porte-feuille de maroquin vert qu’a ce ministre, d’où l’on est censé avoir extrait les papiers qui ont fourni le canevas du livre. Ce sont les conversations, aventures, anecdotes de l’ancien lieutenant-général de police, où les filles et les filoux jouent un très-grand rôle. Ca cadre auroit pu fournir quelque chose de piquant ; mais le fond est pitoyable et le style maussade. On ne sait si M. de Sartine en a été piqué, ou si c’est un zele de ses partisans dans ce pays ; mais on mande de la Haye que le jeudi 19 de ce mois, on y a arrêté une dame Godin, comme ayant eu quelque part à cette cassette verte et qu’elle en est partie le jour même avec des gardes qui conduisent jusqu’aux frontières de France, d’où vraisemblablement elle sera transférée à la Bastille.


NOTES

[1]A. Body, « Les rues et les enseignes de Spa ». Bull. de l’Inst. Archéol. Liégeois. pp. 245-46. Sur Godin, voir P. Colman, « Henri-Joseph Godin, graveur liégeois (1747-1834) ». De gulden passer 52. 1974 pp. 53-66 ; D. Droixhe, Une histoire des Lumières au pays de Liège. Livre, idées, société. Editions de l'Université de Liège, 2007.
[2] http://spahistoire.info/docucaro.html.
[3] Body, Op. cit., p. 249.
[4] Sur Manuel, voir l’excellente notice :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Louis_Manuel
[5] Voir R. Darnton, « Le lieutenant de police J.C.P. Lenoir, la Guerre des Farines, et l'approvisionnement de Paris à la veille de la Révolution », Revue d’histoire moderne et contemporaine 16, 1969, p.  611-624.
[6] Il peut s’agir de Louis-René-Madeleine Le Vassor de La Touche, comte de Tréville, dit Latouche-Fréville (1745-1804), officier de marine en service à Rochefort de 1773 à 1775, période pendant laquelle il propose, sans succès, un projet de navigation autour du monde. Il s’illustrera pendant la guerre d’indépendance des États-Unis
[7] C.-à-d. une courtisane.
[8] Jean-Charles-Pierre Lenoir (1732-1807), lieutenant criminel au Châtelet de Paris depuis 1759, deviendra lieutenant général de police de Paris en 1774, en succession de Sartine. Il sera suspendu l’année suivante pendant la « guerre des farines », mais retrouvera son poste en 1776. L’affaire du collier de la reine le fera démissionner en 1785. Voir R. Darnton, op. cit.
[9] À la Révolution, sous le Directoire, le mot désignera les « gens à la mode ».
[10] Anne-Marguerite Dunoyer (1663-1719), journaliste et écrivaine de religion protestante, se réfugia chez un oncle à La Haye. Elle évoque une vie mouvementée dans ses Mémoires.
[11] Louis-François-Armand de  Vignerot du Plessis, duc de Richelieu , maréchal de France (1696-1788), était, à l’époque où la dame Gotteville s’adresse à lui, le vieil homme que représente le peintre Louis-Charles-Auguste Couder, c’est-à-dire un personnage notoirement usé par ses débauches. D’où la menace de rapporter celles-ci sous le titre des Aventures de Mathusalem. Il allait du reste se remarier, en 1780, à 84 ans. Il étendait ses goûts amoureux des chambrières ou actrices de l’Opéra aux dames de la cour et aux intellectuelles, puisqu’on lui attribue une liaison avec la marquise du Châtelet. Ceci n’empêcha pas d’entretenir des relations amicales avec Voltaire. Il fut aussi l’ami de la marquise du Tencin, avec laquelle il échangea une correspondance (voir : Correspondance du cardinal de Tencin et de Mme de Tencin, sa soeur, avec le duc de Richelieu, sur les intrigues de la cour de France depuis 1742 jusqu'en 175. S.l. 1790). Il a notamment laissé un souvenir par ses innovations gastronomiques.
[12] Lieutenant-général, pair de France.  Né en 1746, il fut nommé ambassadeur en Hollande en 1776, pour contrecarrer l’influence maritime de l’Angleterre auprès de celle-ci (A. Rabbe, Cl. Vieilh de Boisjoslin, Fr. de Sainte-Preuve (éd.). Biographie universelle et portative des contemporains ou Dictionnaire historique des hommes vivants et des hommes morts depuis 1788 jusqu’à nos jours, Paris, Chez l’Éditeur. 1836. T. III, 193).  L’épisode raconté est donc postérieur au séjour spadois de la Gotteville.
[13] Ministre d’État de Louis XVI, c’est-à-d. en fait premier ministre, de 1774 à 1781.
[14] « Le commissaire Pierre Chénon est un personnage clef de l’administration policière parisienne et de la Compagnie des commissaires au Châtelet. En poste de 1751 à 1791 dans le même quartier, celui du Louvre-Saint-Germain-l’Auxerrois, il permet de suivre l’évolution des pratiques policières pendant presqu’un demi-siècle. En outre, il fut un homme de confiance de Sartine puis de Lenoir, un commissaire spécialisé, chargé de missions délicates comme la Bastille et la librairie » (J. Berlière, Les Commissaires du quartier du Louvre (1751-1791). Contribution à une histoire de la praxis policière dans le Paris de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Thèse de l’École des Chartes. 2008 - http://theses.enc.sorbonne.fr/2008/berliere). Chenon officiait régulièrement dans les saisies de livres interdits : voir D. Droixhe, « La rafle des colporteuses parisiennes de 1766. Un essai de topographie et d’économie du livre prohibé » (sous  presse).
[15] Le marquis Bernard-René Jordan de Launay ou de Launey (1740-1789), gouverneur de la Bastille, massacré lors de la prise de celle-ci.
[16] La Flèche, dans le département de la Sarthe, ne compte à proprement parler de « couvent ». Mais il peut s’agir du château des Carmes, aujourd’hui hôtel de ville.
[17] Mémoires secrets dits de Bachaumont, pour servir à l'histoire de la république des lettres en France, depuis MDCCLXII jusqu’à nos jours, publiés à Londres, « chez John Adamson », de 1777 à 1789, en 36 volumes – Ed. Chr. Cave et S. Cornand, Paris, Champion, 2009 sv. (coll. L’Âge des Lumières).
[18] La BnF possède plusieurs éditions de cet ouvrage : La cassette verte de Monsieur de Sartine, trouvée chez Mademoiselle Du Thé. (Cinquiéme edition revue et corrigée sur celles de Leipsic & d’Amsterdam.). A La Haye : chez le veuve Whiskerfeld, in de Platte borze by de Vrydagmerkt. 1779. Barbier l’attribue à Richard Tickell (1751-1793), auteur dramatique et pamphlétaire, qui aurait d’abord écrit l’ouvrage en français, avant d’en donner une traduction anglaise parue la même année sous le titre de The green box of monsieur de Sartine, found at mademoiselle Du Thé's lodgings. Londres: A. Becket and R. Faulder (d’après les notices du cat. de la BnF).



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