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RETOUR DE GRAZ

par DANIEL DROIXHE

Le 13e Congrès international d'études du XVIIIe siècle s’est tenu à Graz (Autriche) du 25 au 29 juillet. Comme ses précédentes éditions, ce congrès, qui a lieu tous les quatre ans, a réuni des centaines de participants sur deux thèmes principaux : « Le temps au siècle des Lumières : penser le présent et imaginer l’avenir » et « L’Europe centrale et orientale au temps des Lumières ». Il est évidemment impossible de rendre compte de toutes les sections, et a fortiori des communications, qui présentaient un rapport avec les champs de recherches prioritaires de la SWEDHS. On portera ici l’accent sur les exposés qu’a pu entendre l’auteur de ces lignes.

La presse des Lumières constituait un des sujets qui traversèrent plusieurs sections. L’une d’elles, organisée par Anne-Marie Mercier, portait sur « L’Europe dans les journaux d’expression française » (S069). Fut particulièrement remarquée, notamment par sa dimension cartographique, la communication de Simon Dagenais sur La diffusion des nouvelles en France. Les nouvelles européennes et françaises contenues dans deux écrits du for privé français (1738-1789). L’exposé fut suivi d’un débat concernant en particulier les relations entre la construction de la rumeur, le journal et le livre. Samy Ben Messaoud présenta pour sa part une intéressante communication sur La réception de Winckelmann dans la presse des Lumières, où la fin tragique de l’historien de l’art, assassiné à Trieste dans des conditions mémorables, trouvait des échos dans des périodiques où se signale notre Esprit des journaux. Les arcanes de la politique internationale furent analysées de la manière la plus rigoureuse et complexe par Pierre Bonnet dans La naissance d’un journalisme politique européen et d’une nouvelle raison interétatique ? L’exemplarité du « Mercure historique et politique » de Courtilz de Sandras.  

Nous n’avons pu assister à la section consacrée aux « Constructions du présent et de l’avenir dans les ‘Spectateurs’ dans les cultures romanes » (S037). La section fut très nourrie. La communication qui intéressait le plus nos domaines de recherche était celle de Hans-Jürgen Lüsebrink : Des almanachs aux ‘Spectators » - filiations intertextuelles, construction du temps, parentés des discours moralisateurs. On regrette aussi de n’avoir pu entendre les exposés suivants, qui ouvraient sur la presse du monde latin : Samantha Tomasetto, The influence of « The Spectator » in Italy. Imitations and translations; Beatriz Sanchez Hita, Press for women in Spain during the Enlightenment. The education of future citizens.

Organisée par Daniel Droixhe, Vladislav Rjéoutski et Alexandre Stroev, la section S124 sur « La presse francophone et la Russie au XVIIIe siècle : Images, médiation culturelle, circulation des savoirs, propagande » donna la parole à dix participants, dont on croit devoir mentionner dans l’ordre alphabétique les interventions.
   - Carole Chapin: Le théâtre russe dans la presse française des Lumières
   - Nadežda Dorokhova: Les échos de la révolution de 1762 en Russie dans le « Journal Encyclopédique et Universel »
   - Daniel Droixhe: Le personnage de Menchikov dans la presse francophone et européenne des Lumières
   - Dmitri Gouzevitch / Irina Gouzevitch: Le prince voyageant incognito ou la Grande Ambassade dans la presse européenne de l’époque (1697/98)
   - Andrey Mitrofanov: « Le despotisme russe » vu par la presse française révolutionnaire de la fin du XVIIIe siècle
   - Evgeniya Prusskaya: Russia in the French press in Egypt during Bonaparte’s expedition to the East
   - Vladislav Rjéoutski : Voltaire et la presse francophone éditée en Russie sous Elisabeth
   - Vladimir Somov : La Russie dans la presse des émigrés (Hambourg, Brunswick, Saint-Petersbourg)
   - Alexandre Stroev: La littérature russe dans la presse française des Lumières
   - Edwin Van Meerkerk: News from Russia in Early 18th Century. The Dutch «Nouvelles littéraires hollandaises »
   - Nathalie Vochtchinskaya: La France « progressiste » contre la Russie « despotique »: L’image de Russie dans les pages de « La Gazette nationale » en 1789−1796.

Georges Dulac, empêché, n’a malheureusement pu présenter une communication qui intéressait directement nos axes prioritaires de recherche : Gazettes sous influence. Le « Courrier du Bas-Rhin », la « Gazette des Deux-Ponts » et les sujets touchant la Russie dans les années 1770 (à partir notamment de la correspondance du prince D. A. Golitsyn, ministre plénipotentiaire à la Haye).

On notera la place importante qu’occupaient les communications consacrées à la Russie des Lumières. Une section était consacrée à « Catherine I, and ‘Political Cult of St. Catherine’ in the early 18th Century Russia » (S067). Une autre s’intitulait « Zwischen den Kulturen : Die musikalische Hofkultur in Russland zur Zeit Katharinas der Grossen » (S036). Certains sujets, par l’extension provocatrice à l’esthétique générale, attiraient l’attention, par exemple : Melanie Wald-Furhmann, Ratio versus sensus. Catharina’s rhetoric of being unmusical as a discourse of Enlightenment. La « genèse de l’Etat russe récrite au temps de Catherine II », les « images de l’ancienne Russie dans l’historiographie ukrainienne » et la « critique de l’Esprit des lois en Russie » faisaient l’objet de la section S032 sur « Les origines des peuples et des Etats slaves selon les interprétations du 18e siècle ».  Alexandre Stroev et Vladislav Rjéoutski organisaient une autre section sur « Les aventuriers des Lumières, bâtisseurs de l’Europe », où figurait aussi bien l’aventurier français en Russie que le voyageur de l’Est embastillé (S101). 

Par son caractère général, on retiendra encore la communication de Christine Roll sur « La Russie et la paix européenne au 18e siècle » (Russland und die europaische Friedensordnung im 18. Jahrhundert,  S031).

Les dictionnaires et encyclopédies focalisent actuellement l’attention. Inutile de détailler ici les sections et interventions ayant porté sur l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. La section S87 concernait les sources de celle-ci (on aimerait comparer ses articles de géographie, traités par Takeshi Koseki, à ceux de la Méthodique, par exemple). La section S092, qui traitait du scepticisme et de l’anti-scepticisme des Lumières, abordait la question dans le dictionnaire. L’encyclopédie électronique ARTFL n’était pas oubliée, dans une section présidée par Martine Groult (S89). Le thème s’élargissait en direction des problèmes de vulgarisation dans la section S115, sur « Public knowledge in the East and the West ». Mais l’interrogation sur le rapport entre « encyclopédie » et « synthèse des connaissances » prenait toute  son acuité – de façon quelque peu inattendue - dans la section W026, intitulée Turning towards the Future. New visions of Time and History in the Ibero-Atlantic Enlightenment. La question du degré d’intégration de l’érudition nationale dans les encyclopédies fut soulevée par Ana Carolina Ibarra (Time in the Age of Enlightenment. Situating the Present, Imagining the Future. New Visions of Time and History in the Ibero-Atlantic Enlightenment). Une remarquable intervention concernant l’Encyclopédie méthodique la remit en lumière, lors du débat: Clorinda Donato, Reconceptualizing Spain’s Encyclopedic Footprint. Envisioning Spain’s Future in Late Enlightenment Compilations. On verra sous notre rubrique « Encyclopédies et dictionnaires liégeois » le développement qui pourrait prendre une confrontation entre « encyclopédisme philosophique» et « encyclopédisme technico-empirique ».

On ne pourra détailler ici les exposés présentés par certains membres de la SWEDHS : l’abondance et le chevauchement des sections n’ont pas permis de les entendre. Signalons les interventions de :
   - Bruno Bernard, Le monde slave dans « L’Essai sur les moeurs et l’esprit des nations » de Voltaire et Gérard Laudin, Les marges orientales du Saint Empire dans « L’Essai sur les mœurs », dans la même section S094
   -Cecil P. Courtney : Montesquieu's “Notes sur l'Angleterre”. A new Edition and a New Interpretation (S131)
   -Catriona Seth (Le temps des femmes. Axes, interrogations et spécificités), dans une section dont était l’organisatrice et qui recueillit un beau succès de participation (Le temps des mémoires au féminin, S119).

D’autres Belges participaient au congrès. Frederik Dhondt, de l’Université de Gand, membre de la Dutch-Belgian Society for Eighteenth-Century Studies, traitait de: Mediation Rituals and Balance-of-Power-Language. The Legal and Political Intricacies of the Quadruple Alliance's Italian Investitures (1718−1727) (S040). A la même Université appartiennent Stijn Van Impe (Département d'études de théâtre) , qui présenta une communication sur The Historical-Philosophical Evolution of Kant's Views on Friendship (S047), et  Klaas Van Gelder (Département d'histoire moderne), qui évoqua The Inauguration Ceremonies of Charles VI in the Austrian Netherlands. Ritual Communication and Political Test Case between Prince and Estates (S121).

La question de la représentation de la Belgique, de ses communautés et régions au sein de la Société internationale d’étude du dix-huitième siècle fut plusieurs fois posée. La SWEDHS a introduit auprès du nouveau Président de la SIEDHS/ASECS, Marc André Bernier, une demande de reconnaissance en tant que Société régionale, statut accordé à la Mid-Western American Society for Eighteenth-Century Studies, à  l'East-Central/American Society for Eighteenth-Century Studies ainsi qu’à  l'Eighteenth-Century Scottish Studies Society.

10/08/2011


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